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Choisir un hébergeur de contenus est essentiel

Je trouve beaucoup de publications exclusivement disponibles sur des pages Facebook, LinkedIn… Les sites professionnels se sont ainsi transformés en « page Facebook/LinkedIn ». Voici pourquoi, avec quelques exemples, cette stratégie de communication est dangereuse.

Claude El Khal, journaliste sur Facebook

Il est arrivé une mésaventure à Claude El Khal, journaliste depuis quelques années sur, notamment, le conflit au Moyen-Orient. Voici son message sur le réseau social :

Comme souvent dans pareil cas, les publications sont supprimées sans préavis. Surtout, elles ne sont plus disponibles pour que Claude El Khal puisse les sauvegarder et les diffuser ailleurs (sur un blog personnel par exemple).

Influence des GAFAM sur les contenus

Il s’agit là d’une enquête réalisée par le site ACRIMED (Observatoire Critique des Médias, Action, Critique, Médias). Les GAFAM (et toutes les entreprises du capitalisme de surveillance) peuvent influencer nos médias et leurs contenus : « en 2017, les réseaux sociaux (comme Facebook ou Twitter) seraient utilisés par 45% de la population française pour s’informer – un pourcentage qui atteint 68% aux États-Unis. Dans les deux pays, plus de la moitié des sondés utiliseraient le téléphone portable pour accéder à l’actualité. » L’article relate différents sujets : la compétition sur les contenus, le financement par les publicités, l’ingérence éditoriale…

Le service de messagerie GMAIL va devenir payant

C’est le site Bloomberg qui nous l’apprend. La stratégie de Google est simple, appâter, habituer, et faire payer. Cette stratégie est déjà à l’œuvre depuis 2018 sur Google Maps, autre service de la firme. Il s’agit là d’une stratégie commerciale connue : habituer les consommateurs avec des produits gratuits et performants, les enfermer dans des habitudes, des interfaces, puis quand les services sont devenus hégémoniques, rendre le service payant. La vraie question ici, n’est pas celle de la qualité du service, ni sur le fait que le service soit payant, mais bien sur les données personnelles récoltées, traitées et dont les profils marketing sont revendus aux firmes commerciales.

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Il n’est pas question ici d’avoir « quelque chose à cacher ». Tout un chacun peut percevoir la nécessité de la liberté d’expression sans avoir à en utiliser tous les canaux (manifestation, tribune dans un journal…). La protection des données personnelles est dans le même ordre d’idée, si vous pensez que vous n’avez rien à cacher, faites confiance aux algorithmes afin qu’ils trouvent dans toutes les données recueillies et recoupées de comportements jugés suspects pour une assurance, un banquier ou un site de rencontre…

Facebook restreint l’expression syndicale

Une affaire qui ressemble à celle de Claude El Khal, mais j’ai choisi de la traiter en fin d’article, car je pense qu’elle montre bien hypocrisie entre filtrage de contenus haineux et dangereux et censure politique.

Facebook a choisi de censurer les pages de deux syndicats, CGT Cheminots et SUD Rail. Le réseau social indique que : « toute action prise à l’encontre d’une page ou d’un contenu est liée à la publication de contenus qui contreviennent à nos Standards de la Communauté ». Quels sont les standards de la communauté que n’auraient pas respectés les deux syndicats ? Facebook ne répond pas. En fait, il s’agit ici de se reporter à cette page Facebook qui en détaille les contours en termes de « Violence et comportement criminel« , « Sécurité« , « Contenu répréhensible« , « Intégrité et authenticité« , « Respect de la propriété intellectuelle« , « Données relatives aux contenus« . Rien, évidemment sur une censure politique dont le discours peut contrevenir à ces « standards de la communauté ».

Quelques solutions

Les réseaux sociaux sont contraints à quelques réglementations spécifiques. Ils gèrent des communautés et des abus sont souvent constatés (appels à la haine, contenus violents…). Votre activité peut se voir contrainte par des « faux positifs », des alertes de délation… Et c’est bien de cela dont il s’agit : vous n’avez pas le contrôle sur vos publications. De plus, vos utilisateurs sont contraints à utiliser un réseau social pour vous lire. Facebook, par exemple, est un réseau social fermé : il est nécessaire d’avoir un compte Facebook pour accéder à tout son contenu. Vos utilisateurs, quelques soient leurs convictions, notamment sur des questions de vie privée, de données personnelles, sont donc contraints de fournir à Facebook leurs informations.

Solution 1 : créer son site internet

Créer un site internet aujourd’hui est facile. Et en plus, vous personnalisez votre site comme bon vous semble. Moyennant quelques euros par an (le prix d’un nom de domaine et d’un hébergement léger), entre 5 et 20€ tout dépend du tarif pratiqué, vous pouvez vous affranchir de ces contraintes. La plupart des hébergeurs proposent des modules « Site en 1 clic » qui vous permettent de démarrer rapidement. À vous ensuite d’illustrer votre site avec des images, des textes… Cette solution a le mérite de vous redonner le contrôle sur vos contenus. Vous pouvez bien entendu garder une page Facebook pour communiquer avec une communauté (ou plusieurs), mais au moins, votre travail restera votre propriété.

Solution 2 : passer par des réseaux sociaux libres et décentralisés.

Des solutions de réseaux sociaux décentralisés existent, de WriteAs à Mastodon ou Pleroma à PixelFed, ce sont tous des réseaux sociaux décentralisés qui vous permettront de garder le contrôle sur vos publications. Évidemment, ces réseaux ont des règles de conduite, certaines sont spécialisés dans le blogging (WriteAs), d’autres autour des photos (PixelFed), mais tous vous permettent de vous interconnecter, de travailler à faire grandir une communauté où vos contenus ne seront pas censurés.

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